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On se plairait parfois à imaginer notre home-studio remplis de micros, avec des paravents, une forêt de pieds en tous genres et une cabine pour la prise de son du chanteur… Mais cette vision est rare et n'appartient qu'au studio Pro, car la musique en home-studio d'aujourd'hui est principalement basé sur de l'Electro, et la plupart des sons sortent des entrailles de nos synthétiseurs et autres boîtes à rythmes. Je ne suis pas riche en microphones, et pour cause: mes compositions sont pratiquement toutes instrumentales ! Mon micro me sert a "vocoder" (tiens, un nouveau verbe !) ou à entrer un son acoustique naturel dans mon sampler. Mais rien n'empêche de s'intéresser à ce transducteur primaire d'un peu plus près, car un microphone est un élément important pour la qualité d'un enregistrement acoustique. Si la prise de son est mauvaise, qu'il s'agisse d'une voix ou d'un instrument, le mixage ne pourra rien y changer (caca IN = caca OUT) !
On peut cependant s'initier à la prise de son avec peu de matériel. Sachez en premier lieu vous constituer un ensemble cohérent. Par exemple, n'investissez pas dans des micros très chers si votre table de mixage est moyenne. Comme dans toute chaîne, la qualité de celle-ci est égale à la valeur du maillon le plus faible.
Il n'y a pas de microphones universels, on les utilise suivant la voix, le type d'instrument, l'environnement de la source sonore, le genre de musique, et parfois les contraintes mécaniques (rarement chimiques).
Courbe de réponse en fréquence
Sommairement, un microphone est constitué d'une capsule qui contient le diaphragme. Celui-ci transforme le son (vibration de l'air) en signal électrique. La capsule des micros peut être de plusieurs tailles : petite, moyenne ou grande. En général, la bande passante est fonction de la taille du diaphragme. Prenons l'exemple des haut-parleurs et observons ce qui se produit en fonction de leur taille. Plus les boomers sont gros, plus ils sont à même de générer des basses fréquences et moins ils peuvent produire des hautes fréquences, à quelques exceptions près.
L’atténuation des hautes fréquences entraînée par les micros à grand diaphragme pose un problème que les concepteurs de micros cherchent à résoudre depuis des années. Ce problème est fondamentalement le suivant : les diaphragmes les plus gros ont une masse supérieure aux diaphragmes les plus petits; il leur est donc plus difficile de réagir aux ondes sonores haute fréquence, qui vibrent plus rapidement. Cette carence est contournée par les ingénieurs soit avec de l'électronique, ce qui en général augmente le bruit de fond, soit par ajout d'un ou plusieurs éléments mécaniques sensés améliorer la vibration du diaphragme aux fréquences du haut du spectre sonore.
Une fluctuation de niveau de 2 dB passe à peu près inaperçue. Les meilleurs micros garantissent 20 Hz à 20 000 Hz dans une marge de 1 dB. Pour la prise de son musicale, mieux vaut une bande passante large d'au moins 40 Hz à 16 kHz dans une marge de 2 dB, garantissant ainsi une courbe de réponse assez régulière. Une bande passante de 100 Hz à 5 000 Hz, 3 dB, est tout juste suffisante pour la prise de son de la parole (discours, conférences, dictées, etc.).
Caractéristiques directionnelles
Le terme directivité est employé pour décrire la réaction d’un micro aux sources sonores provenant de plusieurs directions. Chacune des directivités a sa place et son utilisation dans le processus d’enregistrement.
Veuillez noter que la définition classique de la directivité s'applique le mieux lorsque les sons atteignent le micro dans l'axe, c'est-à-dire lorsqu'ils sont perpendiculaires à la surface plane du diaphragme. En général, plus les fréquences son hautes, plus les micros deviennent "directionnels". Autrement dit, les capsules sont généralement moins sensibles aux hautes fréquences qui ne sont pas dans l'axe.
Détail sur les différentes directivitésMicrophones dynamiques
Les microphones dynamiques sont aussi appelés micros à bobine mobile. Ce type de micro est fiable, robuste et peu coûteux. Ils ne craignent pas l'humidité et supportent des pressions acoustiques élevées. Aucune alimentation électrique n'est nécessaire pour leur fonctionnement.
Avantages et inconvénients
Ce type de microphone est adapté aux prises de son de proximité. Les modèles pour le chant sont peu sensibles aux bruits de manipulation. Ce type de microphone rencontre des limites de bande passante dans les aigus. Sa fidélité de reproduction n'est pas parfaite mais elle devrait s'avérer suffisante dans le cadre d'une maquette.
Microphones à ruban
Les micros à ruban constituent un autre type de microphone dynamique, différent cependant des micros à bobine mobile : une très fine bande de métal suspendue entre les pôles d’un puissant aimant bouge en réaction aux ondes sonores. La tension électrique du signal étant très faible, il nécessite une très forte amplification.
Avantages et inconvénients
Ce type de micro est très fidèle. Cependant il présente quelques inconvénients parmi lesquels une relative fragilité, une sensibilité aux surpressions acoustiques et au vent. Ses performances sont maintenant égalées par beaucoup de micros dynamiques et surpassées par les micros statiques.
Microphones statiques (ou électrostatique)
Un microphone statique est caractérisé par une capsule à condensateur. C'est un micro de très haute qualité. Il répond à des fréquences plus élevées mais également plus basses que le microphone dynamique. Ce type de microphone est très employé dans les studios Pro d'enregistrement. Ceci ne signifie pas pour autant que les micros à condensateur ne peuvent pas dans certains cas être utilisés sur scène. Dans ce cas, certaines précautions sont prises. En raison de leur sensibilité aux bruits basses fréquences et de la fragilité de leur diaphragme, les micros à condensateur sont très souvent utilisés avec une suspension élastique. Pour l'enregistrement d'une voix, on utilisera également un filtre anti-pop.
Avantages et inconvénients
Plus cher qu'un microphone dynamique, l'investissement du home-studioïste sera récompensé par une prise de son de grande qualité. Il peut être endommagé par de fortes pressions acoustiques. Certains modèles sont sensibles à l'humidité et à la poussière. Avec les micros électrostatiques il est nécessaire d'avoir une tension de polarisation normalisée à 48 volts en 1971 (norme DIN 45 596). Cette tension de 48V, appelée "alimentation fantôme", peut être fournie par la console de mixage (voir ces spécifications), par un préampli micro dédié (Voice Box ou Mic Preamp) ou certaines boîtes de direct (Direct Boxes).
Les micros statiques à tube
Si le principe de l'utilisation d'un condensateur pour capter la voix a été imaginé avant 1900, il a néanmoins fallu attendre une vingtaine d'années pour voir se réaliser la mise au point du premier microphone électrostatique grâce à deux américains, Wente et Crandall. En effet, les variations de capacité provoquées par les mouvements de la membrane étaient tellement faibles que c'est l'invention de la triode par Lee de Forest, en 1907, qui a permis de concevoir un préamplificateur placé à la sortie de la capsule, dans le corps même du micro. En 1928, Georg Neumann décida de créer une société pour fabriquer de tels microphones et le prototype CM-V 3 vit le jour. Il ressemblait à une bouteille surmontée d'une capsule renfermant le condensateur et devint très vite célèbre sous le nom de "Neumann Bottle", en raison de sa forme.
Certains contructeurs spécialistes de l'enregistrement sonore ayant constaté que les micros transistorisés avaient perdu la "chaleur" et le son caractéristique des anciens modèles à tube, la plupart des firmes spécialisées décidèrent de remettre à leur catalogue un micro à préamplificateur à lampe (en général une 12 AX 7, ECC83, EC 92 ou EF 86) avec des circuits améliorés par rapport aux anciens modèles d'il y a cinquante ans (en particulier en ce qui concerne le rapport signal/bruit de fond). C'est ainsi que l'on trouve maintenant le M 149 tube chez Neumann, le SolidTube chez AKG, le NTV chez RODE ainsi que l'UM 92-S et l'UM 900 (à lampe subminiature) chez Microtech-Gefell.
Microphones à électret
Très proche du microphone électrostatique, c'est généralement ceux qui seront utilisés avec une caméra vidéo. Contrairement aux micros électrostatique, leur alimentation se fait à une tension très basse et est fournie par une pile baton de 1,5 volts qui est souvent logée dans le corps du micro.
Microphones sans fil (Wireless)
Ce type de microphone spécifique pour la scène ou le direct sort du cadre de cette page. Pour plus d'information à ce sujet, je vous suggère d'aller sur les sites des constructeurs pour lesquels vous trouverez les liens en bas de cette page.
La sensibilité
Elle représente le niveau de sortie (du signal électrique) du microphone placé dans des conditions particulières. Le micro est soumis à une pression sonore de 74 dB SPL (= 1 bar) et on mesure la tension de sortie qui peut se situer entre 0,1 millivolt (-80 dBV) et 10 mV (-40 dBV) pour un micro dynamique. L'impédance où on a branché le micro doit être indiquée.
Variable selon les modèles de micros, la sensibilité doit être adaptée (égale) à la sensibilité de l'entrée-micro de la console, du magnétophone ou du préamplificateur. Cela ne pose en général aucun problème.
L'impédance
L'impédance d'un micro s'exprime en ohms (Ω). Elle est au courant alternatif ce que la résistance est au courant continu. Il existe des micros à haute impédance et des micros à basse impédance :
| Ce sont des micros "amateurs" dont l'impédance est supérieure à 10 Kohms. Ces micros n'admettent que des câbles de 3 à 4 mètres sinon il en résulte des pertes aux fréquences élevées et sont sensibles aux perturbations radio-électrique: ronflette, friture et autres crachotis, avec parfois réception de la radio… | |
| Ce sont des micros "professionnels" dont l' impédance est inférieure à 800 ohms. La longueur des câbles peut dépasser plusieurs dizaines de mètres (30 m) s'ils sont du type symétriques (deux conducteurs plus le blindage). |
Un microphone est caractérisé par:
Comme exemple, voir le document Spécifications SHURE SM58 en format PDF Le bon usage d'un microphone suppose donc une bonne connaissance de ses caractéristiques, c'est-à-dire de ses possibilités et de ses limites.
Pour en savoir plus...
La tessiture des instruments acoustiques
Spécificités de quelques microphones
Liste de quelques constructeurs de microphones
Comment enregistrer une guitare électrique
Comment faire la prise de son d'une batterie acoustique
Le premier microphone breveté fut inscrit en date du 4 juin 1877 par Emile Berliner. Cette invention était destinée à la communication téléphonique et non à l'enregistrement ou la prise de son musicale.
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