Orion

La petite histoire...

Orion
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Pré-Scriptum

Non, je ne suis pas un instrumentiste virtuose et je n'ai pas reçu de formation musicale dans un conservatoire. Pour tout dire, je suis autodidacte. Mais la musique m'a toujours passionné dès ma plus tendre enfance. Aujourd'hui, je compose et fais de la musique pour le plaisir, et sans contraintes. Je construis des empilements sonores et rythmiques sans me soucier des styles en vigueurs, et parfois des règles élémentaires de solfège… hein Bob ! Je ne suis pas devenu docteur ès Cubase ou ProTools, j'essaie simplement d'utiliser du mieux que je peux mes matériels et logiciels pour la satisfaction de faire de la Musique et de la partager.

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Prédisposition

J'ai grandi dans une ambiance familiale propice à l'éveil musical. En effet, mon père adorait chanter. Avec mon oncle Daniel, qui était musicien professionnel en orchestre classique, ils se sont amusés à enregistrer en re-re (re-recording) des chansons en se servant de disques de versions instrumentales, de deux magnétos stéréo à bandes Sony (1/4 de pouce), de quelques micros et d'une mixette. Ceci se passait au milieu des années 60. Mon grand frère Franck s'était mit à la guitare folk (une Framus) qu'il a par la suite électrifié, puis à l'électrique (une copie puis une vraie LesPaul). En écoutant des vinyls, il passait des heures à décoder le jeu des guitaristes en vogue dans les années 70. Quant à ma grande sœur Véro, elle voulut aussi se mettre à la musique et mes parents lui achetèrent un orgue électronique Orla. Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai été "contaminé".


Episode premier

Francky joua dans différents groupes, dont Orion (Jean-Claude TOKARZ : claviers et vocaux, Franck MAMOSA : guitares et vocaux, Patrick WYREMBSKI : basse et guitare acoustique, Michel ROUSSEAUX : batterie et percussions, Laurent DELENNE : vocaux, guitares et flûte). Ce groupe fut "Tremplin d'Or" du Golf Drouot en 1976 (Le Temple du Rock français créé et dirigé par Henri Leproux). Fort de cette reconnaissance, le groupe entra en studio en 1977 pour y enregistrer un 45 tours. Il y retourna en 79 pour un LP: « La nature vit, l'homme lui critique ». En janvier de cette année là, je suis allé assister à quelques séances d'enregistrements au studio LSB (Paris). Ce studio, situé derrière l'église Saint-martin à Paris, a été créé par Willy Lewis : ex-batteur de "Les Chats Sauvages" puis de "Les Champions". C'était Charles B. Raucher qui était l'ingénieur du son. Il a travaillé pour Vangelis (Fais que ton rêve soit plus long que la nuit), Pink Floyd (Live At Pompeii), Alan Stivell, Mikis Theodorakis, Gary Burton et Stephane Grappelli, David Christie... Une pointure… Il n'hésita pas pour me donner quelques explications et tuyaux.

Le label Musea Records a compilé le 45t et le LP de Orion sur un même CD.

A l'époque où je venais de rentrer au Lycée, avec quatre copains : Diego, Michel, Minou et moi, nous décidions de former un groupe. Nous l'avions appelé Celcius. J'avais décidé de prendre la partie clavier. J'avais emprunté alors l'orgue à ma sœur. Nos influences étaient Ange, Pulsar, Crimson, Pink Floyd, Nektar, et bien involontairement Orion. Nous avions répété pendant de long mois, et avions presque une dizaine de titres à notre répertoire. Mais nous n'avons jamais fait de prestation en public. Pour certains d'entre nous, l'idée de monter sur scène paralysait par avance... Alors nous faisions des concerts privés dans notre salle de "répêt"; avec ses plaques d'œufs collées aux murs et au plafond, un poster de Ange punaisé par ici, un autre de Pink Floyd par là...

Parallèlement à mes activités musicales dans Celcius, comme je bricolais en électricité et électronique, j'ai fait l'éclairagiste de Orion en concert. Mais les besoins de plus en plus pointus de Orion pour la qualité de la sonorisation me propulsèrent au commande de la table de mixage en compagnie de Didier. C'était une RSD 12x2. C'est Fred qui s'est alors occupé de l'éclairage à ma place. A cette époque, notre qualification était "sonorisateur". Nous ne prenions pas le titre ronflant et honorifique de "ingénieur du son" jusqu'alors réservé à ceux qui avaient le diplôme et forcément la maîtrise de l'Art…

Episode deux

Le groupe Celcius fut dissout courant 78 (peut-être à force de tourner en rond, tel un morceau de sucre dans un verre d'eau…). J'ai alors rejoins d'autres musiciens du lycée qui n'avaient pas de clavier. Je ne me souviens plus si le groupe avait un nom. Ce dont je me rappelle, c'est que durant les pauses que nous prenions pendant les répétitions, certains "musicos" allaient faire du skateboard aux pieds des HLMs… Cette formation n'a pas tenu bien longtemps parce ce que nos tendances musicales étaient trop éloignées (peut-être aussi nos loisirs sportifs !…).

En septembre de l'année 79, la rentrée fut chaude pour Orion : je devenais le second clavier du groupe et Michel, le batteur, quittait la formation pour des raisons professionnelles (déménagement dans le sud de la France). Jean-Claude souhaitait me déléguer la partie accompagnement pour donner plus d'expression et de virtuosité à son jeu. Je me suis senti très honoré de cette proposition. L'avantage pour les autres musiciens était ma parfaite connaissance de toutes les compos. Yamaha SY1Comme mon vieil orgue bricolé ne faisait pas sérieux, Minou me prêta son Kawai 100F et Jean-Claude son Elka Rhapsody pour faire mon "set". Lui, il conserva son Hohner Pianet-T et le Yamaha SY1. En quelques semaines, JC m'apprit tous les thèmes, accords, gimmicks et autres phrasés… Michel fut remplacé par Pascal (ex-Lima) qui était un batteur sans groupe à ce moment là. Minou prit en charge le mixage avec P'tit Jack. Au premier concert, j'ai ressentit alors les vibrations de la scène. Ces choses là sont indescriptibles : elles se vivent et ne s'expliquent pas… Ce sang neuf insuffla un nouvel élan à Orion… pour peu de temps.

Malgré ces bouleversements et un calendrier chargé en concerts pratiquement chaque samedi, les anciens d'Orion décidèrent d'enregistrer un nouvel album. Durant l'hivers 79-80, nous peaufinions notre jeu avec un nombre accru de jours de répétition par semaine. Un week-end de décembre, nous avons enregistré une maquette sur un quatre pistes Teac 3340. En janvier 1980, nous entrions au Studio du Chesnay à Versailles. Ce studio créé par Philippe Besombes était également le centre de maintenance Mellotron France. Aujourd'hui, le studio s'est agrandit (studio A et studio B) et s'appelle Versailles-Station. L'ingénieur du son était Patrick Woindrich, bassiste à ses heures : Arachnoïd... Par la suite, il est devenu producteur : Les Avions, Charles de Goal, Oberkampf, Berurier Noir...; ingé-son pour : Telephone, Urban Sax, Mano Negra.... En février, nous avions commencé le mixage alors que toutes les prises "chant" n'étaient pas terminées. Des désaccords au sein du groupe mirent un coup d'arrêt au projet en cours. Les liens se sont distendus avant de se romprent durant l'été 1980. Le dernier concert eu lieu en juin cette année là.

Episode trois

En fait, l'épisode III a commencé en 79, avant la fin du deuxième épisode. Parallèlement à l'activité Orion, je faisais des expérimentations musicales avec d'autres copains au Studio 202. Ce lieu, énigmatique pour certaines personnes, était tout simplement le studio à usage d'habitation de Denis. 202 était le numéro gravé sur une plaquette de bakélite collée sur la porte du logement ainsi que sur la touche de l'interphone sis dans le hall d'entrée de l'immeuble. Dans ce lieu, nous nous retrouvions entre amis pour faire de la musique ou passer une bonne soirée (c'est un "ou" non exclusif !). Il y avait le noyau dur : Denis (évidemment), Minou, Bob, Diego et moi, mais aussi des gens de passage. Souvent, ces derniers ne revenaient pas, ils devaient penser être tombés dans une maison de fous… Cet épisode se termina pour moi en octobre 1980 lorsque j'ai rejoint les troupes de l'Empire. Euh… la caserne pour faire mon service militaire ! La musique a été mise en "standby" durant un an. A mon retour à la vie civile, il y a eu une tentative de formation avec Bob, Diego, Michel, Minou, moi et une boîte à rythmes pour batteur. Le nom sonnait très bien : Jabra Total. Mais notre vie professionnelle ou le désintérêt à une implication sérieuse dans le groupe mirent fins à des ambitions surestimées. Les navigateurs de la Guilde replièrent alors l'espace musical en 1984.


Episode quatre

Je n'ai pas fait "sérieusement" de la musique durant près de dix ans. De 89 à 91, Pascale et Minou m'aidèrent à extraire "mon" Garmonbozia… C'est dans cette période que je me suis mis à composer avec le "tracker" Quartet sur Atari ST. En 1992, c'est l'année du retour aux instruments physiques avec quelques compositions avec Laurent et Minou (nous avions appelé cette formation : Trio Furieux). Nous échangions alors des disquettes avec des morceaux enregistrés en MIDI avec Cubase sur Atari ST. La constitution d'un Home-Studio orienté MIDI et M.A.O avait alors commencée. Celui-ci s'est enrichi petit à petit. Il est le résultat de la recherche minutieuse de la complémentarité des engins qui le composent. Ce home-studio n'est pas un musée et je ne thésaurise pas des instruments de musique électronique ! Mes synthés ne sont pas des "best-seller", et de toutes façons ils décotent de mois en mois…

  Consulter l'historique de l'évolution de mon Home-Studio

J'ai pris l'option MIDI car les possibilités de modifications et d'arrangements sont beaucoup plus grandes et plus faciles à faire par rapport à l'enregistrement audio numérique : «ce thème est mieux avec un son de saxo à la place de la trompette, je duplique le gimmick de la basse pour le faire jouer à la quinte par la guitare, cette note est fausse et je la corrige, cette note est mal placée et je la remets dans le tempo, je copie le "groove" de la batterie et je l'applique sur la basse…» etc. Ces manips, je ne sais pas les faire en audio !… J'ai entendu dire que la résolution temporelle d'un séquenceur MIDI ne permettait pas d'enregistrer les nuances de jeu. Mais je ne suis pas Kerry Minnear ou William Bruford. Les possibilités que me procurent le séquenceur me suffisent. Elles sont pour moi sans limites, les seules existantes sont celles de mon imagination.

Vous pouvez écouter quelques titres de mes musiques dans la page "Mes compositions" de cette rubrique "Intro".


Lecteur, que la musique soit avec toi, à jamais !


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